Arles
Traversée par le Rhône, sur la route menant de l’Italie à l’Espagne, et située aux portes de la Camargue, elle est célèbre pour son patrimoine romain exceptionnel, ses liens avec Vincent van Gogh et sa culture provençale.
La fondation d’Arles remonte à l’époque antique et connaît son âge d’or, avec les romains, sous le nom d’Arelate. Elle devient un port fluvial majeur et l’une des capitales de l’Empire romain d’Occident au IVᵉ siècle.
Cette prospérité a laissé de nombreux monuments remarquablement conservés. On peut ainsi évoquer l’amphithéâtre, le théâtre antique, les Alyscamps, les thermes de Constantin et les vestiges du cirque romain. Ceux-ci, ainsi que d’autres sites de la ville, font l’objet d’une inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981.
Mes visites arlésiennes
Mon frère habitant la commune, j’ai l’occasion d’y aller de temps en temps. Circuler en voiture dans le cœur historique est une mission compliquée, tellement la plupart des vieilles rues sont étroites. C’est une ville vivante, où il est agréable de déambuler, en profitant de l’ambiance et des monuments à découvrir presque à chaque coin de rue du cœur historiques. Je vais vous présenter quelques monuments et lieux qui m’on inspirés, notamment lors d’un séjour en septembre 2017.
Les Arènes
Les Arènes d’Arles, correspondent à l’amphithéâtre de l’époque romaine et témoignent de l’importance de la cité dans l’Empire. Il est édifié à la fin du Ier siècle, quelques années après le Colisée. Il en reprend les principes de l’architecture romaine, avec une forme elliptique d’environ 136 m de long sur 107 m de large et deux niveaux d’arcades (120 au total). D’une capacité originelle estimée entre 20 000 et 25 000 spectateurs, il comprend un réseau complexe de couloirs et d’escaliers permettant au public d’entrer et de sortir rapidement. Les gradins étaient organisés selon le rang social, avec les notables près de l’arène, les citoyens plus haut, et les femmes, ainsi que les esclaves, dans les parties supérieures.
Après la chute de l’Empire romain, à partir du Ve siècle, il se trouve transformé en véritable forteresse. L’intérieur est aménagé avec plus de 200 habitations, plusieurs chapelles, des rues et petites places. Quatre grandes tours sont ajoutées pour renforcer la défense de l’ensemble et les arcades comblées. Pendant plusieurs siècles, l’amphithéâtre n’est plus qu’un quartier habité.
Au XIXᵉ siècle, les habitants sont progressivement relogés et les constructions médiévales démolies, afin de retrouver l’aspect antique de l’édifice. Cette vaste campagne de restauration permet de mettre en valeur l’architecture romaine tout en conservant les tours médiévales, dont trois sont encore visibles aujourd’hui.
Près de deux mille ans après sa construction, l’amphithéâtre est toujours utilisé. Il accueille notamment des concerts, spectacles historiques, manifestations culturelles et certains évènements traditionnels, comme les courses camarguaises.





Théâtre antique d’Arles
Le théâtre antique d’Arles est construit à la fin du Ier siècle avant J.-C., sous le règne de l’empereur Auguste. Il accueillait des représentations dramatiques, récitations, spectacles musicaux et cérémonies officielles. Il pouvait accueillir environ 10 000 spectateurs, répartis sur 33 rangées de gradins (la cavea), organisées selon le rang social.
À l’origine, le théâtre était beaucoup plus spectaculaire qu’aujourd’hui. Il comprenait un immense mur de scène (frons scaenae), haut de plusieurs dizaines de mètres, décoré de colonnes corinthiennes, statues, marbres colorés et niches. Aujourd’hui, il subsiste deux grandes colonnes corinthiennes dressées derrière la scène. L’une des découvertes les plus célèbres effectuées lors de fouilles est la Vénus d’Arles, une remarquable statue en marbre mise au jour en 1651. Elle fut offerte à Louis XIV et restaurée avant d’intégrer les collections du Louvre.
Le théâtre reste utilisé jusqu’au début du Ve siècle. Les spectacles païens perdent leur importance et le monument tombe progressivement à l’abandon. Comme beaucoup d’édifices antiques, il sert de carrière de pierres et ses blocs de marbre servent à la construction des églises, remparts et maisons. Au Moyen Âge, des habitations s’installent directement sur son emplacement, au point que le théâtre disparaît presque entièrement sous le tissu urbain.
À partir de 1828, de vastes campagnes de dégagement permettent de retrouver progressivement le monument. Les archéologues mettent au jour de nombreuses sculptures, inscriptions et éléments architecturaux qui enrichissent les collections du musée d’Arles.
De nos jours, le théâtre accueille des spectacles, renouant ainsi avec sa vocation originelle, dans un cadre exceptionnel





Les Alyscamps, vaste nécropole romaine puis médiévale
Les Alyscamps sont une vaste nécropole antique dont le nom provient du provençal Aliscamps, lui-même issu du latin Elisii Campi, signifiant « Champs Élysées ».
La création des Alyscamps remonte à l’époque romaine, le long de la voie Aurélienne, qui quittait Arles vers l’Italie. Selon la coutume romaine, les morts étaient enterrés à l’extérieur des murs de la ville. À partir du IIIᵉ siècle, le site devient l’une des plus importantes nécropoles de Gaule. Des milliers de personnes s’y trouvent inhumées, dans des sarcophages en pierre souvent richement sculptés.
Avec la christianisation de la région, les Alyscamps acquièrent une grande renommée religieuse. La présence de la tombe de plusieurs saints, notamment Saint Genès d’Arles, attire des pèlerins de toute l’Europe. Au Moyen Âge, de nombreuses personnes souhaitent être enterrées aux Alyscamps. Au cœur du site se trouve l’Église Saint-Honorat, construite à partir du XIIᵉ siècle, rappelant l’importance spirituelle du lieu.
Pendant des siècles, les sarcophages se trouvent déplacés, réutilisés ou prélevés pour décorer des jardins et des palais. Au XIXᵉ siècle, le site fait l’objet d’une restauration et prend l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui, à savoir une longue allée bordée de cyprès et de sarcophages antiques. De nos jours, seule une partie de la nécropole originelle est encore visible
À l’automne 1888, Vincent van Gogh et Paul Gauguin peignent les Alyscamps. Bien qu’ils peignent le même lieu, leurs styles demeurent très différents.











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