Maison et jardins de Claude Monet, à Giverny
Vernon et Giverny ne sont séparés que de quelques kilomètres, de part et d’autre de la Seine. J’ai vécu toute ma vie à deux pas de ce village mondialement connu. Mais, c’est seulement le 19 avril 2026 que je franchis pour la première fois les portes de la maison et des jardins de Claude Monet. Une proximité qui, paradoxalement, avait jusque-là repoussé cette visite d’année en année.
Le 29 avril 1883, Claude Monet (1840–1926) s’installe à Giverny avec sa famille, dans une longe maisons rose. Il y vivra plus de quarante ans, jusqu’à sa mort en 1926, y puisant l’essentiel de son inspiration des dernières décennies de son œuvre.
À la mort de Michel Monet, second fils du peintre, en 1966, la maison, ses collections et ses jardins entrent dans le patrimoine de l’Académie des beaux-arts. Restaurés à la fin des années 1970, ils rouvrent au public en 1980. La propriété est aujourd’hui classée monument historique et labellisée Jardin remarquable. Elle accueille chaque année plusieurs centaines de milliers de visiteurs, ce qui en fait le deuxième site touristique le plus fréquenté de Normandie après le Mont-Saint-Michel.
La maison du Pressoir
La maison elle-même se visite : appartements privés, salle à manger, cuisine, salon-atelier, et surtout le grand atelier des Nymphéas, vaste pièce que Monet fit construire pour peindre ses toiles de grand format. On y découvre aussi son extraordinaire collection d’estampes japonaises, accrochées selon la disposition voulue par le peintre lui-même.















Un peintre devenu jardinier
La longue maison en crépi rose est bordée d’un terrain d’environ un hectare, planté d’un verger et d’un potager. Séduit par la poésie du lieu, Monet s’y prend rapidement de passion pour le jardinage. Il entreprend d’aménager le terrain en une sorte de « tableau exécuté à même la nature ».
Devant la maison s’étend le Clos normand, jardin fleuri au tracé rectiligne qu’une allée centrale traverse de part en part. Monet y fait abattre les pins d’origine pour ne conserver que deux ifs proches de la maison. Il compose des parterres où se mêlent, sur toute la saison, une soixantaine de variétés de fleurs. Les massifs de hauteurs différentes créent des volumes, les capucines et les roses odorantes bordent le chemin central, et des arceaux métalliques soutiennent des voûtes de plantes grimpantes. Ce jardin, entretenu avec une rigueur presque picturale, restera pour Monet une source d’inspiration jusqu’aux derniers jours de sa vie.


















Le jardin d’eau et l’inspiration japonaise
En 1893, Monet acquiert un terrain situé au fond du Clos normand, de l’autre côté de la voie ferrée, et détourne un petit bras de l’Epte pour y créer un étang. Ce jardin d’eau, tout en courbes et en asymétrie, s’inspire des estampes japonaises que le peintre collectionne avec passion. Dans l’axe de l’allée centrale, il fait construire un pont japonais qu’il peint en vert, entouré de bambous, de saules pleureurs, de glycines et d’azalées. C’est sur ce bassin, où fleurissent les nymphéas, que Monet commence à peindre en 1897 la série qui deviendra l’un des sommets de son œuvre, aujourd’hui exposée au musée de l’Orangerie et dans les plus grands musées du monde.















Infos pratiques
La maison et les jardins de Claude Monet sont ouverts tous les jours du 1er avril au 1er novembre, de 10h à 18h (dernière admission à 17h30). Comptez environ 1h30 à 2h minimum pour la visite libre, non guidée. Les animaux ne sont pas admis (à l’exception des chiens guides). Le pique-nique, la peinture et le dessin sont interdits dans l’enceinte du domaine.
Depuis Paris (gare Saint-Lazare), comptez environ 50 minutes de train jusqu’à la gare de Vernon-Giverny, puis une navette de bus jusqu’au village. En voiture, des parkings gratuits sont disponibles à Giverny. La visite se combine bien avec le musée des Impressionnismes, tout proche, et des déambulations dans le village.



