Giverny, fief de Claude Monet
Giverny est un petit village de l’Eure, sur les bords de l’Epte, non loin de son confluent avec la Seine. A deux pas de Vernon et de chez moi, j’aime me promener dans le village et sur les coteaux, qui dominent la vallée.
Giverny est ce qu’on appelle un « village-rue ». L’essentiel de ses points d’intérêt s’égrène le long de la rue principale, rebaptisée rue Claude Monet. Elle s’étale depuis la maison du peintre jusqu’au cimetière où il repose. On y flâne entre maisons ancienne, jardins fleuris et galeries d’art. Il y règne une ambiance qui doit beaucoup à l’installation du maître de l’impressionnisme dans le village.
À quelques pas de la maison de Monet, le musée des Impressionnismes Giverny trouve son origine dans un musée d’Art américain fondé par un mécène en hommage à la colonie de peintres du village Il prend son nom et sa forme actuels en 2009. On y découvre une exposition permanente consacrée à Monet, ainsi que des expositions temporaires dédiées aux grands noms du mouvement impressionniste, dans un bâtiment moderne entouré d’un jardin remarquable.
La petite histoire de Giverny
Bien avant de devenir l’un des hauts lieux de l’impressionnisme, Giverny était un modeste bourg rural de vignerons et d’agriculteurs, dont l’occupation remonte à l’Antiquité Des tombes gallo-romaines y ont été mises au jour en 1838, et un dolmen voisin de l’église, la « pierre de Sainte-Radegonde », témoigne d’une présence humaine plus ancienne encore.
Fondée à l’époque mérovingienne, la paroisse de Giverny est rattachée à l’église Sainte-Radegonde. L’église présente une abside en cul-de-four remontant au XIe siècle, alors que le reste de l’édifice date des XVe et XVIe siècles.
En 1883, Claude Monet s’installe à Giverny, où fera culminer son art jusqu’à sa mort en 1926. Il est repose dans le cimetière attenant à l’église Sainte-Radegonde, dans le caveau familial.
À partir de 1885 et jusqu’à la Première Guerre mondiale, la renommée naissante de Claude Monet attire à Giverny une colonie de jeunes peintres américains. Ceux-ci viennent se former à la peinture de plein air au contact du maître. Cette effervescence fait aujourd’hui de Giverny l’un des berceaux de l’impressionnisme américain. Dès 1887, la famille Baudy, qui tient l’épicerie-café du village, se met à louer des chambres à ces artistes de passage. L’Hôtel Baudy, doté d’ateliers et de courts de tennis, devient le cœur de cette vie de colonie.
Aujourd’hui, le village Giverny ne compte guère plus de 500 habitants. Mais, il accueille chaque année plusieurs centaines de milliers de visiteurs venus du monde entier.
Les coteaux, un espace naturel remarquable
Au-dessus du village s’étendent les coteaux de Giverny, espaces classés en raison de leur flore rare. Celle-ci est héritée d’un ancien vignoble cultivé sur les pentes crayeuses, pendant plus de mille ans. Elles sont aujourd’hui recolonisées par une pelouse calcicole, abritant des orchidées sauvages et autres espèces protégées.
Deux sentiers découverte balisés, d’environ 5 km, partent de la mairie. Cheminer sur le Sentier du Lézard vert et le Sentier de l’Astragale permet de découvrir ces coteaux. La montée, assez raide sur les premiers mètres, est vite récompensée par de larges panoramas sur la vallée. Depuis le calvaire de la Grosse-Pierre, un point de vue à 360° récompense les marcheurs. Ces chemins traversent bois et champs, offrant un autre visage, plus sauvage, à l’écart de l’agitation touristique du village.
Déambulation



Plantes et p’tites bêtes
Au-delà des jardins de Claude Monet, c’est tout le village de Giverny qui baigne dans les fleurs et la verdure. La végétation habillent les façades de la rue principale, tandis que les jardinières des habitants prolongent, à l’échelle du village, le refuge que constituent déjà le Clos normand et les coteaux voisins. Cette continuité florale et végétale attire papillons, abeilles et nombreuses autres espèces. On recense de nombreuses espèces d’oiseaux, sédentaires ou migratrices, des zones humides, entre Seine et Epte, aux jardins fleuris et coteaux.












Infos pratiques
Giverny se trouve à environ 80 km de Paris et à quelques kilomètres seulement de Vernon, de l’autre côté de la Seine. Depuis la gare de Paris Saint-Lazare, un TER rejoint la gare de Vernon-Giverny en 45 à 50 minutes ; des navettes de bus assurent ensuite la liaison jusqu’au village. La période idéale pour la visite s’étend d’avril à octobre, lorsque jardins et village sont en pleine floraison.
Pour aller plus loin…
Edition de l’article
4 mai 2018 : Edition initiale, avec une photo et un contenu limité
1er septembre 2026 : Enrichissement du contenu et ajout de nouvelles photos





