Revel, bastide du Lauragais

Je suis passé plusieurs fois à Revel, à l’occasion de visites chez des amis installés dans la région, ainsi que lors de congrès de l’AFC. Mais je n’ai jamais pris le temps de m’arrêter vraiment pour découvrir la ville elle-même. Mes passages se sont principalement limitées à la halle, sur la place centrale, et au lac de Saint-Ferréol, tout proche. De quoi donner envie d’y revenir pour flâner plus longuement dans les rues de la bastide.

Car Revel n’est pas une ville que l’on visite par hasard. Nichée à une soixantaine de kilomètres à l’est de Toulouse, au pied de la Montagne Noire, elle mérite qu’on s’y attarde davantage qu’un simple passage entre deux visites amicales.

Une bastide presque unique en France

Par sa forme octogonale et sa construction géométrique, Revel est un modèle parfait de la bastide, quasi unique en France. Elle est fondée en 1342 par le roi Philippe VI de Valois. Au cœur de la ville, la place Philippe VI de Valois est entourée de belles demeures aux arcades formant galeries, organisées autour d’un plan en damier typique des bastides.

La halle, cœur battant de la bastide, est le monument que tout visiteur retient en premier, symbole de la cité. Au centre de la place se dresse l’immense halle du XIVe siècle, soutenue par une véritable forêt de piliers de bois, et considérée comme l’une des plus vastes de France. Après le tracé des rues, les consuls avaient fait ériger cette halle ainsi qu’un beffroi, reconstruit au XIXe siècle. Ce marché couvert, toujours vivant les jours de foire, donne à la place son atmosphère si particulière. Brique, bois et pierre se mêlent sur les galeries qui l’entourent.

Juste à côté, le Musée du Bois et de la Marqueterie rappelle que Revel s’est aussi bâti une réputation nationale de « Capitale du Meuble d’Art », un savoir-faire d’ébénisterie qui perdure depuis le XIXe siècle.

Le lac de Saint-Ferréol, une prouesse d’ingénieur

En surplomb de la ville, dans les forêts de pins de la Montagne Noire, s’étend le lac de Saint-Ferréol. Lorsqu’il conçoit le Canal du Midi au XVIIe siècle, Pierre-Paul Riquet (1609-1680) imagine ce lac artificiel pour résoudre la question de l’alimentation en eau de son ouvrage. Ce réservoir, situé à 350 mètres d’altitude, capte les ruisseaux et rivières de la Montagne Noire pour alimenter ensuite la Rigole de la Plaine. On peut y visiter les « robinets », une chambre des vannes sous voûte datant de 1829. Ces vannes régulent l’écoulement du barrage.

En contrebas de la digue, se situe un parc romantique du XIXe siècle. Il est aménagé dans le goût anglais à l’occasion de la venue de Napoléon III, et planté d’arbres immenses. C’est là que jaillit la célèbre gerbe d’eau du bassin, qui s’élève à plus de 23 mètres de hauteur, poussée par la pression du réservoir. Elle est entourée de cascades aménagées à la même époque. Le site, classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO au titre de l’œuvre de Pierre-Paul Riquet, offrait autrefois aux promeneurs un cadre propice aux flâneries galantes à l’ombre des frondaisons. Aujourd’hui, ses allées sinueuses restent un passage incontournable pour qui fait le tour du bassin.

Pour aller plus loin…

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