Le Jardin des Tuileries

Nos escapades parisiennes, dans le 1er arrondissement nous amènent à traverser ou flâner dans le jardin des Tuileries. C’est le cas en 2017, avec un passage nocturne, ou en 2026, lors d’une visite du musée de l’Orangerie.

Le jardin des Tuileries s’étend entre le musée du Louvre et la place de la Concorde, dans le 1er arrondissement de Paris. Bordé par la Seine et la rue de Rivoli, il déroule près d’un kilomètre d’allées, de bassins et de perspectives, sur 22,4 hectares. Le jardin porte le label de monument historique, et l’UNESCO l’a inscrit au patrimoine mondial. Il condense près de cinq siècles d’histoire de France. Son histoire s’échelonne des intrigues de la cour des Valois, jusqu’aux flâneries des Parisiens d’aujourd’hui. Musée à ciel ouvert, ancien jardin royal devenu jardin public, les Tuileries méritent que l’on s’y arrête.

La petite histoire du jardin des Tuileries

Le nom du jardin garde la trace de son passé le plus ancien. Au Moyen Âge, des fabriques de tuiles occupaient cet emplacement, hors des murs de Paris. Tout bascule en 1564. La reine Catherine de Médicis, veuve d’Henri II, fait alors édifier une résidence. Elle est nostalgique des palais florentins de son enfance. Un vaste jardin à l’italienne accompagne ce palais, avec fontaines, bosquets et même une grotte. Ce jardin reste alors privé et seule la cour en profite.

Il faut attendre un siècle pour que le jardin prenne son visage actuel. En 1664, Louis XIV et son ministre Colbert confient le réaménagement du domaine à André Le Nôtre. Celui-ci entretient une relation particulière avec ce lieu, car sa famille y exerçait la charge de jardinier du roi depuis plusieurs générations. Entre 1666 et 1680, il impose au jardin la rigueur du style à la française. Grande allée centrale, parterres et bassins en dessinent la géométrie. C’est aussi ici que naît la plus célèbre perspective de Paris. En ouvrant l’axe vers l’ouest, Le Nôtre dessine ce qui deviendra les Champs-Élysées. Cet axe historique relie aujourd’hui le Louvre à la Grande Arche de la Défense.

Le jardin s’ouvre à un public choisi dès l’époque de Louis XIV. Napoléon Ier puis son neveu Napoléon III le remanient ensuite à plusieurs reprises, et le privatisent en partie. La Commune de Paris incendie le palais des Tuileries en 1871, qui sera rasé en 1883. Sa disparition ouvre une perspective magistrale depuis la cour du Louvre et participe à la physionomie actuelle du lieu.

Un musée à ciel ouvert

Le jardin des Tuileries est une collection vivante d’art en plein air, avec près de 150 sculptures, du XVIIe au XXIe siècle. Les bronzes d’Aristide Maillol y côtoient des œuvres de Rodin ou de Giacometti. Le jardin compte aussi quelque 3 000 arbres et les jardiniers renouvellent sans cesse ses parterres fleuris. La promenade réserve toujours quelques surprises au détour des bosquets. Dans les années 1990, le projet du Grand Louvre a permis de réhabiliter le jardin. Ce chef-d’œuvre classique n’a donc jamais cessé d’évoluer.

Le jardin du Carrousel

À l’extrémité est du jardin, côté Louvre, s’étend le jardin du Carrousel. Son histoire est intimement liée au palais des Tuileries. Henri IV fait tracer un « jardin neuf » le long de son côté est. En 1662, on rase ce jardin pour accueillir un carrousel équestre. L’espace en garde le nom, et devient la cour d’honneur du palais.

Entre 1806 et 1808, les architectes Percier et Fontaine y élèvent l’arc de triomphe du Carrousel, commande de Napoléon Ier pour célébrer ses victoires, notamment celle d’Austerlitz. L’arc servait à l’origine de porte d’entrée monumentale au palais des Tuileries. Après l’incendie et la destruction du palais, l’arc s’ouvre sur une perspective inédite vers les Champs-Élysées et l’Arc de triomphe de l’Étoile. L’architecte Edmond Guillaume redessine alors le « nouveau jardin du Carrousel », à l’occasion de l’Exposition universelle de 1889, avec des parterres à la française en écho à ceux des Tuileries.

Aujourd’hui, ce jardin ouvre sur la Grande Allée des Tuileries, et prolonge la perspective jusqu’à la Concorde.

Le Jeu de Paume et l’Orangerie, deux musées aux portes de la Concorde

À l’extrémité ouest du jardin, les allées s’ouvrent sur la place de la Concorde. Deux bâtiments s’y font face en parfaite symétrie. Côté rue de Rivoli, le Jeu de Paume occupe un édifice du XIXe siècle, qui accueillait à l’origine des courts de jeu de paume, l’ancêtre du tennis. Depuis les années 1990, il se consacre à la photographie contemporaine, à la vidéo d’art et à l’image numérique.

Côté Seine, le musée de l’Orangerie doit son nom à sa fonction d’origine. Le bâtiment, édifié en 1852 abritait alors les orangers du jardin durant l’hiver. Il devient musée en 1927, à l’initiative de Georges Clemenceau, suite à son aménagement supervisé par Claude Monet. Il y fit installer son grand cycle des Nymphéas, dans deux salles ovales pensées pour ces toiles. Le musée présente aussi la collection Jean Walter et Paul Guillaume, avec des œuvres de Cézanne, Matisse ou Picasso.

La vasque olympique de Paris 2024, un symbole devenu estival

Depuis les Jeux de 2024, le jardin abrite un nouveau motif de visite, avec la vasque olympique. Elle occupe un emplacement près du Grand Bassin rond, à l’entrée est du jardin, face à la pyramide du Louvre. Cette œuvre , imaginée par le designer Mathieu Lehanneur, fonctionne entièrement à l’électricité, sans flamme ni combustible. Un jeu de lumière et de brumisation d’eau recrée l’effet de la flamme. Le jour, l’anneau d’aluminium repose au sol et se visite librement. Chaque soir au coucher du soleil, la vasque s’élève dans le ciel parisien grâce à un ballon à hélium. Il devient alors visible à plusieurs centaines de mètres à la ronde. La vasque, devenue l’un des emblèmes populaires des Jeux de Paris, revient chaque été aux Tuileries depuis 2024. Ce rendez-vous estival doit se prolonger jusqu’aux Jeux de Los Angeles, en 2028.

Mais aussi, le jardin des Tuileries, de nuit…

Informations pratiques

L’entrée est gratuite et le jardin accueille les visiteurs toute l’année. Les horaires d’ouverture varient selon les saisons. Plusieurs entrées permettent d’y accéder, notamment depuis la place de la Concorde, la rue de Rivoli ou la cour du Louvre. Pour s’y rendre en voiture, des parkings souterrains payants se trouvent à proximité immédiate, mais je déconseille se mode de transport à l’emprinte carbonne conséquente. En métro, les stations Tuileries et Concorde (ligne 1) desservent directement le site, tout comme Palais-Royal – Musée du Louvre.

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