Trocadéro et musée de l’homme
Ce dimanche 16 août 2026, après la visite du Musée Marmottant-Monet, nous prenons la direction du Trocadéro et du palais de Chaillot. Sur place, nous profitons de la vue sur la Tour Eiffel, mais surtout, nous axons notre visite sur le Musée de l’Homme.
Malheureusement, la période ne se prête pas à la réalisation de photos extérieures, pénalisées par un temps couvert, une végétation desséchée et l’arrêt des fontaines. Je ratraperais cela ultérieurement avec une visite de l’aquarium voisin et/ou la tour Eiffel.
Du Trocadéro au Palais de Chaillot
C’est sur la colline de Chaillot qu’est construit, pour l’Exposition universelle de 1878, le premier « Palais du Trocadéro », dans un style s’inspirant de l’architecture mauresque et néo-byzantine. Il comprenait une salle de spectacle de 4 600 places, prolongée de chaque côté par deux ailes courbées abritant chacune un musée, le musée des monuments français et le musée d’ethnographie. Les expositions universelles de 1889 et 1900, réutiliserons ce même palais.
En prévision de l’Exposition universelle de 1937, le vieux palais est détruit et remplacé par l’actuel Palais de Chaillot. Le nouveau palais utilise au maximum les fondations existantes et conserve le gros œuvre des ailes anciennes, sans que les collections des musées n’aient à déménager. La surface des jardins est intégralement conservée. Le résultat est le bâtiment que l’on connaît aujourd’hui, avec ses deux ailes courbes en pierre blanche, ouvertes en arc de cercle, face à la tour Eiffel.
Désormais, le palais abrite le musée de l’Homme et le musée de la Marine dans l’aile Ouest, la Cité de l’Architecture et du Patrimoine et le Théâtre national de Chaillot dans l’aile Est.






Les jardins du Trocadéro
Encadrés par les deux ailes du Palais de Chaillot, tour Eiffel, les jardins du Trocadéro s’étendent sur près de 94 000 m² en pente douce vers la Seine. Ils datent, dans leur forme actuelle, de la restructuration des années 1930 pour l’Exposition universelle de 1937, même si les côtés du jardin ont gardé leur allure du XIXe siècle. Les allées sont sinueuses, avec de petites cascades, rochers et ponts, plantés de grands arbres.
Le point central est la fontaine de Varsovie, avec une série de bassins en cascade dominant un grand bassin équipé de vingt canons à eau, dont les jets se déversent en escaliers d’eau vers la Seine, avec ses statues dorées à tête de taureau et de cheval.
Le jardin est aussi ponctué de sculptures monumentales des années 1930, comme l’Hercule domptant le taureau de Crète et l’Apollon musagète, visibles sur la terrasse supérieure.





Le Musée de l’Homme
Projet porté par Paul Rivet (1876-1958), anthropologue et homme politique, le musée est inauguré en juin 1938. A partir de 2003, les collections ethnographiques du musée de l’Homme sont transférées vers le nouveau musée du quai Branly, qui ouvre en juin 2006. Ce transfert oblige le musée de l’Homme à repenser entièrement son propos. Fermé en mars 2009 pour une rénovation complète, le musée rouvre en 2015 après six ans de travaux. Le musée est centré sur un seul sujet : comprendre l’humain, ses origines, et sa place dans le vivant. Il réunit en un même lieu des collections de préhistoire, d’anthropologie biologique et culturelle, ainsi qu’un centre de recherche, d’enseignement et de diffusion sur l’évolution de l’Homme et des sociétés.
Le cœur du musée est la Galerie de l’Homme, un espace de 2 500 m² qui met en valeur des collections en anthropologie et en paléontologie.
Qui sommes-nous ?
La première partie des collections interroge ce qui fait la singularité et la diversité de l’espèce humaine et sa position dans le vivant. Aucun critère isolé ne suffit à la définir, chaque piste (anatomique, culturelle, artistique) étant croisée avec les autres. Le fil conducteur s’appuie sur des objets témoignant de l’évolution des représentations du corps humain en Europe, notamment l’exceptionnelle collection anatomique du musée : planches, moulages phrénologiques et cires anatomiques.
La « galerie des bustes », une structure monumentale (19 m de long, 11 m de haut, 1 900 kg), s’élève jusqu’au niveau 2. Elle réunit 79 bustes de plâtre et 12 de bronze sur des sellettes, illustrant la diversité humaine.





D’où venons-nous ?
La seconde partie des collections retrace, à partir de vestiges fragmentaires, l’histoire du buissonnement des lignées humaines jusqu’au néolithique. Elle couvre l’émergence de la lignée humaine (-6 à -4 Ma), berceau africain (-4 à -2 Ma), peuplement du genre Homo (-2 Ma à -200 000 ans), humanité plurielle (-200 000 à -10 000 ans), puis les 10 000 dernières années. Ce découpage montre un chemin non linéaire, où plusieurs lignées humaines ont coexisté.
L’abri des ancêtres présente des restes d’Homo sapiens et de Néandertal, avec le contexte de leur découverte. Sur la mezzanine, la salle des trésors expose des pièces de l’art du Paléolithique supérieur.
D’où venons-nous ? Sélection de photos

































Où allons-nous ?
La dernière partie, ancre la question de l’Homme dans le présent et interroge l’avenir de l’espèce dans un monde qu’elle a transformé, et qui la transforme en retour. La réflexion porte sur trois thèmes : mondialisation/identités/diversités, limites des ressources de la planète, et artificialisation croissante du monde. C’est un double voyage, dans le temps (histoire de la mondialisation et de l’anthropisation) et dans l’espace (état de la planète, impacts écologiques, rapports sociétés-environnement).
Un authentique bus sénégalais des années 1960, restauré, offre un « voyage immobile » via un dispositif audiovisuel retraçant un trajet, dans une ville où se côtoient commerce traditionnel et symboles de la mondialisation.
Au travers d’objets du quotidien et films de chercheurs, le parcours illustre des modes de vie ruraux (éleveur Sami de Laponie, pygmée du Gabon, habitant de l’oasis de Siwa en Égypte) et urbains (un Parisien, un habitant de Tachkent en Ouzbékistan).









