Musée Marmottan-Monet

Dimanche 16 mai 2026, nous voilà parti en balade parisienne. Cette balade s’inscrit dans notre année spéciale Claude Monet.

Descendus station La Muette, le quartier contraste avec le Paris touristique. Pas d’avenues bondées, mais des rues, résidentielles, presque provinciales. C’est un quartier du 16e arrondissement, à la lisière du Bois de Boulogne, où l’on croise plus de promeneurs locaux que de groupes en visite guidée. Depuis La Muette, nous marchons jusqu’au musée en passant par le jardin du Ranelagh, un jardin à l’anglaise dessiné par Jean-Charles Alphand, le grand paysagiste des parcs parisiens de l’époque haussmannienne, réputé pour son théâtre de marionnettes. C’est sur le flanc ouest du jardin, au 2 rue Louis-Boilly, que se dresse le musée Marmottan-Monet.

Le Musée

L’édifice est un ancien pavillon de chasse construit entre 1863 et 1865 pour François Christophe Edmond de Kellermann (1802-1868), 3e duc de Valmy. Il est racheté en 1882 par l’industriel Jules Marmottan, puis transformé en hôtel particulier de style Empire par son fils Paul. L’endroit a conservé le charme d’une demeure privée, donnant l’impression de visiter maison plutôt qu’un musée institutionnel.

Le parcours de visite du musée se déploie sur trois niveaux. Le rez-de-chaussée et le 1er étage préservent l’ambiance historique de l’hôtel particulier avec des collections de meubles et objets d’art du Premier Empire, ainsi que la collection Paul Marmottan. Le premier étage comprend principalement l’espace dédié à la riche collection d’œuvres de Berthe Morisot. Cette collection est complétée par les maîtres impressionnistes comme Degas, Renoir, Caillebotte et Pissarro. Le rez-de-chaussée dispose également d’un espace dédié aux expositions temporaires, selon la programmation. Lors de notre visite, Giovanni Segantini est mis à l’honneur. Enfin, aux sous-sol, la Galerie Monet, un espace moderne, abrite la collection principale de Claude Monet.

Quelques pièces et tableaux

Collection Berthe Moriset

Le musée Marmottan-Monet possède le plus riche ensemble d’œuvres de Berthe Morisot conservé dans un musée, avec plus de 80 œuvres (huiles sur toile, aquarelles, pastels et dessins). En 1993, Denis et Annie Rouart lèguent l’essentiel de l’ensemble. Puis, en 1996, trois ans plus tard, Thérèse et Julien Rouart complètent la collection avec trois tableaux supplémentaires, ainsi que du mobilier Empire provenant du salon de l’artiste.

Berthe Morisot (1841-1895) s’impose comme la première femme impressionniste, aux côtés de Monet, Renoir, Degas et Pissarro. Elle est l’élève de Corot, la belle-sœur d’Édouard Manet (via son mari Eugène) et intime de Degas, Renoir, Monet et Mallarmé.

Les œuvres de Berthe Morisot sont peu présentes dans les musées. Contrairement à ses collègues masculins, elle vendait très peu ses toiles, qui restaient surtout dans le cercle familial. Le fonds Marmottan est donc une exception précieuse, grâce au legs de la famille Rouart.

La plus grande collection de Claude Monet au monde

Le musée Marmottan-Monet abrite la plus grande collection d’œuvres de Claude Monet au monde, avec un ensemble de 94 toiles, 29 dessins et huit carnets de dessins. Il permet de suivre toute l’évolution technique et esthétique du peintre, de ses œuvres de jeunesse jusqu’à ses toiles quasi abstraites de la fin de sa vie.

Dès 1940, le musée Marmottan s’ouvrait à l’impressionnisme en accueillant « Impression, soleil levant » cette toile fondatrice, entrée dans l’histoire pour avoir donné son nom au mouvement impressionniste. Entre 1940 et 1947, Victorine Donop de Monchy, fille du docteur Georges de Bellio, médecin et grand ami des impressionnistes, fait don d’une dizaine de toiles impressionnistes, dont ce fameux tableau. Malheureusement, prêtée au Muma du Havre, ce tableau emblématique nest pas visible lors de notre visite. Le Muma étant programmé dans nos sorties impressionnistes 2026, nous le verrons dans quelques jours.

C’est le legs de Michel Monet, second fils du peintre et son unique héritier direct après la mort de son frère aîné Jean en 1914, qui transforme véritablement le musée. Ce legs comprenait 48 tableaux de Monet ainsi que des œuvres d’amis qu’il avait conservées (Berthe Morisot, Manet, Boudin, Signac, Caillebotte, Jongkind, Mary Cassatt, Renoir) — soit 91 œuvres au total. Michel Monet lègue également la maison de Giverny elle-même, avec ses estampes japonaises et 46 toiles alors quasiment inconnues, représentant nymphéas et vues de jardin, les dernières œuvres du peintre. Le legs comprenait aussi les carnets de dessins de l’artiste, ses palettes, ses lettres, des photographies et des objets personnels.

Face à l’ampleur de cette collection, une salle est spécialement aménagée au sous-sol de l’hôtel, sous le jardin, et inaugurée en 1971. Elle s’étend sur environ 200 m², un espace pensé uniquement pour ces toiles.

Les œuvres de Monet présentes lors de notre visite

Exposition Giovanni Segantini « Je veux voir mes montagnes »

Notre visite coïncidait avec le dernier jour de l’exposition temporaire Giovanni Segantini (1858-1899). C’est la première grande exposition monographique consacrée au peintre en France, plus de cent vingt ans après sa mort.

Grande figure du symbolisme et du divisionnisme européen, Segantini,a fait des paysages alpins le cœur de toute sa quête, à la fois esthétique et spirituelle. Son parcours l’a mené de la Lombardie italienne à la vallée suisse de l’Engadine, où il a su saisir la force de la nature.

Réunissant une soixantaine d’œuvres l’e parcours l’exposition était structuré en dix sections suivant les déplacements du peintre, de la Lombardie à l’Engadine suisse, en gagnant peu à peu de l’altitude.

En point d’orgue du parcours, quatre œuvres d’Anselm Kiefer sont réunies sous le titre « Voglio vedere le mie montagne », en écho au titre même de l’exposition.

Pour aller plus loin…

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