Lac Malawi

Fond de conservation Stuart Grant pour la protection des Cichlidés

Ad Konings et Jay Stauffer lancent une collecte pour la protection en cours des cichlides du lac Malawi à partir de donations pour le Fond de Conservation Stuart M. Grant.

Je vous invite à découvrir ce projet et participer à cette collecte. Faites un geste : un petit don de 25$ pour la cause cichlidophile !

Vous trouverez ci après, une traduction des pages originales du projet, réalisée par Julien Weppe. La version originale est consulatable en bas de page (fenêtre et lien). Merci d’avance pour votre contribution !

Depuis des années il était admis que l’énorme diversité biologique des lacs de la vallée du rift africain se portait bien et qu’elle ne serait que peu probablement affectée par le bourgeonnement de la population humaine; pour la simple raison qu’aucune industrie ne s’était établie sur les rivages des lacs.

La pollution industrielle et la perte d’habitat sont cause principale de perte de diversité biologique dans le monde, le manque d’infrastructures de taille industrielle dans les pays a découragé les entrepreneurs qui cherchaient à s’installer. Cependant, la pénurie de travaux et de revenu a forcé plus ou moins les communautés riveraines à augmenter leurs efforts de pêche. Cette augmentation massive a apporté naturellement une énorme réduction des stocks de poissons. Depuis le début des années 1970, des seines de plage (filets de pêche utilisés sur fonds sableux) ont été systématiquement employés par presque chaque village le long des rivages de Lac Malawi. En 1985 le nombre de filets avait augmenté de 50 fois et les efforts de pêche même plus, mais la quantité de poissons débarqués est en diminution actuellement.

Au début des années 1990 les stocks de poissons dans le bras au sud-est du lac et ceux du Lac Malombe s’étaient effondrés. À présent il n’y a encore aucune surveillance sur le terrain même si les seines de plage et les filets petites mailles sont défendus. Quand j’ai visité le lac à la fin des années 1980, les seines de plage étaient très répandues et les prises, même fortement réduites par rapport à ce qu’elles étaient 10 ans plus tôt, étaient substantiels. De nos jours les seines de plage sont rares dans le Bras de Sud-est de Lac Malawi, non pas parce que les autorités se sont mises finalement à appliquer la loi, mais simplement parce qu’il ne reste plus de poisson.

La situation est la même pour la partie zambienne du Lac Tanganyika où les seines de plage sont interdites aussi mais la population des cichlides sabullicoles des eaux côtières peu profondes n’est jamais revenue. Au lac Malawi je me souviens avoir été témoin de seines attachées entre deux grands bateaux diesel, tirées sur de longues étendues sablonneuses, réduisant plusieurs espèces de Lethrinops à l’oubli. La plupart de ces opérations ont cessé depuis longtemps parce que les poissons s’en sont allés, mais dans la Région de Salima, la pêche au filet est encore très répandue, avec des filets et des cordes s’étalant sur deux kilomètres dans le lac. Malheureusement la région affectée, le bras sud-ouest du lac près de Chipoka, est une région de reproduction importante pour le Chambo (Oreochromis spp. tilapias), un des poissons principaux du Lac Malawi pour l’alimentation humaine. Ces filets (seine) sont toujours employés pendant la saison de reproduction des Chambo, parc qu’ils reviennent dans cette zone chaque année. La législation interdit la pêche pendant la période de reproduction (de novembre à décembre), mais l’administration gouvernementale de contrôle (les Pêcheries) n’ont pas les moyens de la faire respecter.

En 1980 les côtes rocheuses et les îles autour de la Péninsule Nankumba dans la partie sud du lac ont été déclarées Parc national et en 1983 le parc a été élevé comme site du patrimoine mondial. Le parc, dont la majeure partie inclut la réserve forestière de la Péninsule Nankumba, s’étend dans les eaux du lac jusque cent mètres des côtes. Presque toutes les côtes dans les limites du parc sont rocheuses et le but de ce projet est d’inclure et protéger une variété aussi large que possible de cichlides, dont beaucoup sont endémiques à des zones rocheuses particulières.

A ce jour, 220 espèces de cichlides de l’habitat rocheux ont été reconnues dans les eaux du parc. La surface totale protégée au sein du Parc national est estimée à environ 7 km2, une infime fraction du lac Malawi par rapport à sa surface totale, mais cela représente environ 25 % des espèces de cichlides du Lac

Le lac et sa multitude d’espèces de poissons étaient en place bien avant que notre propre espèce ne soit apparue sur la scène et bien que le lac soit gouverné par la juridiction de trois pays différents, aucun d’eux ne peut prétendre de manière responsable posséder le lac et ses trésors. Le lac Malawi est un trésor naturel d’ampleur mondiale et on devrait le traiter en tant que tel. Le gouvernement Malawite s’est incombé la tâche difficile de protéger une section, une section importante, de ce trésor pour les générations à venir. Leur mission n’est pas simple, évidente. En plus de la conservation de la richesse du lac, il existe aussi le besoin de soulager la pauvreté des gens qui vivent actuellement le long de ses rivages. Cependant, les cichlides du Parc national du Lac Malawi ne doivent jamais être exploités comme une solution pour cette situation difficile.

La pêche, faiblement réglementée et incontrôlée, est certainement un pas dans la mauvaise direction dans le fait de préserver la viabilité du lac mais l’usage contrôlé ou soutenu de ressources dans le parc doit rester hors de question.

La diversité des cichlides du lac n’est pas une ressource qui peut être mesurée ou contrôlée. La conservation est la seule option bien que cela soit une mission difficile. La pêche dans les eaux du parc n’est pas permise à moins de 100 mètres du rivage et bien que cela ait été bien conçu sur le papier, en réalité le Parc manque de la main-d’œuvre pour appliquer ce règlement.

En conséquence la pêche se produit dans toutes les eaux de parc et quelques endroits sont tellement surpêchés qu’à présent absolument aucune des nombreuses espèces de la zone sableuse ou de pleine eau, encore présentes il y a dix ans, ne peuvent être trouvées. On interdit aussi de monter le camp ou juste de s’installer sur n’importe laquelle des îles incluses dans le parc, mais des centaines de pêcheurs réussissent à esquiver la loi et à vivre en permanence dans le Parc. Depuis que la plupart des cichlides de la zone sableuse des îles du parc ont été anéanties l’effort de pêche est maintenant dirigé vers la capture des poissons de la zone rocheuse, les mbuna. J’ai vu plusieurs filets, fines mailles, avec des centaines de mbuna piégés, exactement devant le quartier général du Parc à l’extrémité sud-est de l’île Thumbi West. Les mbuna sont aussi attrapés avec des filets appelés chirimila, à l’origine destinés pour les utaka disparus eux aussi, autour des îles où la floraison du plancton détournent les mbuna des roches.

Cet affreux scénario était aussi en place autour des îles Maleri où, au cours des ans, les seines de plage avaient détaché les plantes aquatiques dans les régions sablonneuses peu profondes et avaient laissé le fond sablonneux vide, nu de n’importe quel poisson. Les mbuna qui s’alimentaient de plancton ont été attrapés dans les chirimilas, les arbres ont été coupés pour alimenter en bois de chauffage les nombreux camps les trois îles. Les îles étaient trop loin du quartier général du Parc à Otter Point (Cap Maclear) et la pêche illégale pouvait continuer ainsi pratiquement incontrôlée. La situation était menaçante tout autour du lac et les différents établissements touristiques avaient des difficultés pour trouver de bons sites de plongée pour leurs invités, afin de rencontrer quelque uns des impressionnants poissons connus pour habiter le lac Malawi

En 2006 on a décerné à un groupe de Malawites impliqués, une concession pour développer les îles de Maleri en établissant un camp sur l’Île de Nankoma, un lodge sur l’Île de Maleri et une petite maison simple sur l’Île de Nakantenga. Ils devaient construire le tout en respectant le cadre naturel et restituer dans la mesure du possible la flore et la faune originales. On leur a aussi donné la responsabilité d’appliquer le respect de la zone de non-pêche autour des îles, d’expulser les squatters illégaux. Ce groupe, appelé Waterlands, a été initialement financé par le Malawi Environmental Endowment Trust (MEET), pensant que le contrôle local de la situation de surpêche serait plus efficace. Deux des artistes principaux de ce groupe, Nigel Cheal et Alan Pitman, ont cherché à développer et expérimenter des appareils anti-filets (Anti Netting Devices = ANDs) qui empêcheraient les pêcheurs illégaux de tirer leur filet à n’importe quel point de la zone protégée autour des trois îles.

Les premiers ont été mis à la fin de 2006 et après quelques mois ils devaient être retirés parce que trop de morceaux de filet s’étaient accumulés autour des appareils, à tel point qu’ils étaient devenus inefficaces pour attraper des filets supplémentaires. En octobre de 2007 plus de 150 de ces appareils protégeaient les cichlides autour des îles de Maleri. La plupart de ces pièges à filets sont suspendus dans l’eau par un câble d’acier épais attaché à une très grande ancre. L’ancre se compose d’un grand rocher ou, dans les régions sablonneuses, d’un grand cylindre de la grandeur d’un tambour (constitué de vieux paniers de batteur de tabac soudés ensemble pour former un cylindre) qui sera rempli sous l’eau avec les roches et auquel le piège flottant est attaché (voir la photo).

La plupart de ces engins ont été faits et placés par Alan qui a commencé aussi à replanter les régions sablonneuses nues avec les plantes aquatiques des parties de l’île où elles étaient encore présentes. Je me souviens d’un site particulier le long de la côte est de la grande île qui était particulièrement fourni en végétation aquatique il y a 20 ans. Toutes ces plantes ont depuis été arrachées par les filets. Maintenant elles sont lentement remplacées par repiquage des plantes des régions environnantes. La pêche illégale est quelquefois encore un problème mais elle s’effectue avec des filets statiques, courts, placés dangereusement entre les récifs artificiels. Les plantes aquatiques jouent un rôle très important dans la vie de beaucoup d’utaka, elles sont comme une crèche pour les alevins, leur offrant protection et nourriture. Les pêcheurs locaux, qui sont autorisés à pêcher au-delà de la limite de 100 mètres du Parc, ont remarqué récemment qu’il semble y avoir plus de poissons autour des îles. Les représentants du tour opérateur Yachting Danforth ont également remarqué que les populations de cichlides fréquentant la zone rocheuse autour des îles de Maleri sont dans une bien meilleure forme que celles de Cap MacClear et ils préfèrent maintenant conduire leurs clients aux îles Maleri, pour les faire nager en PMT ou plonger en bouteilles.

Si les fonds deviennent suffisants, les hommes de Waterlands sont disposés à placer des barrières anti-filets tout autour de la côte du Parc national avec la permission du directeur du parc Dr Leonard Sefu. Jay Stauffer de l’université d’État de Pennsylvanie et moi-même, projetons de collecter le financement pour la protection en cours des cichlides du lac Malawi à partir de donations pour le Fond de Conservation Stuart M. Grant. Ces donations sont déductibles d’impôts, envoyez votre don à : Prof. Jay R Stauffer, 420 Bâtiment de Ressources de Forêt, université d’État de Pennsylvanie, Parc universitaire, Pennsylvanie 16802 (écrivez au Fond de Stuart Grant dans le « mémorandum… » n’oubliez pas votre adresse). Vous recevrez en échange un justificatif de don que vous pourrez joindre à votre déclaration fiscale. Vous pouvez également faire votre don via Paypal en utilisant le lien sur cette page, le paiement sera versé directement à Cichlid Press et un justificatif vous sera envoyé de l’état de Pennsylvanie seulement si la donation est de plus de 25$.

J’ai toujours été de l’avis que vous ne pouvez protéger des ressources naturelles seulement en achetant l’habitat en question, mettre une clôture autour et limiter l’accès à ceux qui veulent en jouir et en tirer des photos avec leurs appareils. Il est impossible de faire ainsi avec le Lac Malawi et bien qu’il y ait eu des pourparlers pour transformer le lac entier en parc multinational, la prévention de la surpêche dans les régions sensibles est vraiment une chance de préserver la grande diversité biologique encore à découvrir dans ce magnifique lac.

Les clubs du hobby cichlidophile, comme le Babes, la Société d’Aquarium de Minnesota et la société d’Aquarium du Missouri (la photo) ont déjà réuni des fonds pour la conservation des cichlides du Mlawi. Demandez à votre club s’ils peuvent donner ou organiser une vente aux enchères pour le Fonds de Stuart Grant. Cichlid Press peut aider en donnant des livres pour une vente aux enchères (les clubs peuvent envoyer des demandes à Cichlid Press, boîte postale 13608, El Paso, Texas 79913).

Merci à tous les amateurs et aux associations qui ont déjà donné pour la cause du Malawi!
Des pêcheurs pêchant illégalement dans les eaux autour de l’Île de Maleri. Des scènes comme celles-ci deviennent maintenant rares autour des îles de Maleri et les plantes aquatiques regagnent du terrain.

Dans les régions peuplées, depuis que la plupart des cichlides de la zone sableuse ont disparu, les pêcheurs utilisent maintenant des filets fines mailles pour pêcher les mbuna dans l’habitat rocheux. Quand les filets sont constatés, ils sont confisqués et rendus aux autorités de Parc.

L’appareillage

L’appareil anti-filets prêts à être employés. Le design actuel de l’Appareil anti-filets (Anti Netting Device = AND) a été développé par Alan Pitman et chaque unité coûte actuellement autour de 1 800.00 Kwachas Malawite (13,00 US$ ou 8,17 €uros), en incluant le câble d’amarrage et l’ancrage. Le transport des ancrages est assez cher ce sont de grands morceaux de métal comme les grands paniers utilisés par les batteurs de céréales. Le câble est encore un peu en question car il n’est pas sûr qu’il durera longtemps, il est juste en acier galvanisé; une chaîne d’acier doux serait une meilleure solution, l’eau du le lac n’est pas agressive avec l’acier (l’eau a une conductivité relativement basse). Les ancrages sont seulement utilisés où il y a des fonds sablonneux puisqu’il est possible d’utiliser la roche naturelle pour protéger les dispositifs dans les régions rocheuses.

Les appareils (ANDs) sont placés selon le schéma d’un double rang déconcertant pour arrêter les pêcheurs au filet dans les régions sablonneuses et placés au hasard dans les régions rocheuses pour dissuader l’utilisation de filets à petites mailles. Toutes les coordonnées des positions des ANDs du dispositif sont enregistrées par GPS et le dispositif est visité autour d’une fois par mois par un plonguer (Alan Pitman) dégageant les filets et les longues lignes qui ont été attrapés. La distance entre chaque piège (ANDs) est d’environ 25 mètres ainsi il y en a cinq tous les 100 mètres sur les fonds sablonneux. La longueur totale des rivages de toutes les îles et des sections de côte dans le parc est estimée à environ 40 kilomètres et un total évalué à environ 2000 ANDs (soit un coût d’environ 26.000$, 16 364 €uros) sont nécessaires pour protéger entièrement les côtes du parc de la pêche illégale.

Le flotteur de l’ANDs a un diamètre de 75 millimètres pour une longueur de 450mm il est réalisé en acier doux de 1.6 millimètres d’épaisseur, l’extrémité supérieure, qui est initialement soudée fermée, présente trois bandes de métal barbelées soudées vers l’extérieur pour agripper les filets. Le flotteur est rendu étanche avec une résine époxy sur l’intérieur pour garantir que l’air ne puisse s’échapper en cas de mauvais soudage. Des bouteilles de plastique cachetées sont ensuite placées à l’intérieur du tube puis une croix en barre ronde de 5 millimètres est soudée en bas du flotteur avec une boucle dans le milieu pour attacher le câble d’ancrage, un soin particulier est pris pour ne pas crever les bouteilles pendant la mise en place, la soudure. De la mousse imperméable (polyuréthane ?) est alors injectée dans la base du tube autour des bouteilles en réservant 10 millimètres de franc-bord à la base du cylindre, dans lequel est versé de nouveau de la résine époxy pour assurer l’étanchéité. Ce montage soulèvera sans effort six mètres de câble galvanisé de 5 millimètres.

150 de ces appareils sont utilisés depuis plus d’une année autour des Îles Maleri et les résultats sont déjà visibles. Les pêcheurs locaux, qui sont autorisés à pêcher au-delà de la limite des 100 mètres dans le parc, ont remarqué récemment qu’il semble y avoir plus de poissons autour des îles. Le tour opérateur Yachting Danforth a également remarqué que les populations de cichlides de la zone rocheuse autour des îles de Maleri sont dans une bien meilleure forme que celles de Cap Maclear et il préfère maintenant emmener leurs clients aux îles Maleri pour nager en PMT ou plonger en bouteilles.

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