Aqua'Technic

Le chlore dans l’eau de distribution

Quel aquariophile ne s’est pas posé la question des effets du chlore sur l’équilibre fragile d’un aquarium ?

D’ailleurs, pourquoi et comment l’eau est-elle chlorée. C’est à ces questions que je vais essayer de répondre. c’est assez technique, mais je m’efforcerai de na pas trop entrer dans la chimie du chlore, relativement complexe. Mes informations proviennent de mon emploi dans le service de soutien de mon employeur, qui a l’avantage de disposer de sa propre production d’eau.

A la base, nous utilisons de l’eau de distribution, qui à l’origine contient des bactéries et des virus pouvant provoquer des petites choses désagréables chez l’individu et donc aussi chez nos petites écailles. (Diarrhées, dysenteries, maladies virale et infections diverses). Afin de respecter les normes de plus en plus exigeantes, l’eau de distribution ne doit contenir ni substances toxiques ni organismes parasites ou pathogènes, ne doit être ni turbide ni colorée, ni avoir un goût ou une odeur désagréables. Les professionnels, responsable de la qualité de l’eau qu’ils distribuent mettent en œuvre un maximum de moyen afin de se protéger de tous risque de contamination de l’eau, notamment avec la mise en œuvre d’un traitement désinfectant, dont principalement la chloration

La chloration

Le chlore est le désinfectant le plus utilisé pour l’élimination des germes pathogènes et pour la sécurité sanitaire du transport de l’eau dans les canalisations. Il fut découvert en 1774 par le chimiste suédois Shebe, puis rapidement utilisé par ces qualités blanchissantes à Javel près de Paris. La solution d’hypochlorite de sodium en a d’ailleurs gardé l’appellation d’eau de javel.

Si l’on met du chlore dans l’eau, il pénètre à l’intérieur des bactéries en se diffusant au travers de la membrane cytoplasmique et y bloque l’activité enzymatique. Ce qui a pour effet de détruire l’organisme en question. Les virus étant plus résistants, les conditions de traitement sont réglées en fonction de leur destruction. Le traitement est donc réglé par la dose et le temps de contact. Si on augmente la dose, il faut moins de temps de contact et à l’inverse, en diminuant la dose, il faut plus de temps de contact

Le chlore peut se combiner dans l’eau de plusieurs façons. Ainsi, en fonction du PH de l’eau, s’établi un équilibre entre 3 variétés :

  • Le chlore à l’état moléculaire dissous, Cl2,
  • L’acide hypochloreux HClO,
  • L’ion Hypochlorite ClO-,

L’acide hypochloreux est 100 fois plus désinfectant que l’ion hypochlorite à un PH entre 4 et 6. Ce PH étant souvent plus élevé, il faut donc augmenter la dose et/ou le temps de contact.

Dès que l’on met du chlore dans l’eau, il réagit avec les composés azotés, dont notamment l’ammoniaque, avec lequel il se combine pour former des chloramines. Bien que plus stable, ces chloramines ont aussi un effet désinfectant mais 5 fois moins que l’ion hypochlorite et 500 fois moins que l’acide hypochloreux. C’est souvent ces chloramines qui donnent un goût désagréable à l’eau.

Les produits utilisés pour la désinfection au chlore sont : l’hypochlorite de sodium, hypochlorite de calcium ou le chlore gazeux. Ce dernier est le plus utilisé, car plus facile d’exploitation. Il est stocké à l’état liquide dans des bouteilles ou réservoirs sous pression. ceci permet d’obtenir 1,2 litre de chlore pour un litre de volume. Par comparaison, un litre d’hypochlorite de sodium à 48° ne contient que 150g/l de chlore. Une bouteille de 50 kg de chlore équivaut à 400 kg d’hypochlorite de sodium. De plus, le chlore est stable à l’état liquide ou gazeux, à l’opposé des solutions d’hypochlorite de sodium. Ensuite, c’est sous forme gazeuse que le chlore est introduit dans l’eau, à l’aide d’un hydroéjecteur.

Revenons à nos petits microbes, qui dans l’eau en plus de vous rendre malade peuvent dégrader la qualité organoleptique de l’eau (mauvais goût et turbidité). De plus, le fait de désinfecter l’eau n’empêche pas par la suite l’arrivée de nouvelles bactéries, sauf si le produit injecté a une action rémanente (qui dure). C’est la cas du chlore et du dioxyde de chlore, mais pas de l’ozone ou des rayons UV. C’est pour cette raison qu’une désinfection à l’ozone est toujours suivie d’une désinfection à base de chlore.

C’est là qu’intervient le dosage : s’il n’y a pas assez de chlore, son action s’éteint en cours de route et s’il y en a trop, l’eau a mauvais goût. La concentration en chlore en bout de canalisation doit être de 0,2 à 0,3 mg/l. L’idéal est donc d’en injecter en plusieurs endroit pour limiter le mauvais goût au premier desservis et d’assurer la désinfection en bout de réseau. Pour information, le chlore gazeux est un produit très dangereux : mélangé à l’air ambiant (humidité), il se transforme en acide chlorhydrique, avec les effets que vous connaissez (H2O+CL2 =>HCL). Vu les volumes utilisés, vous imaginez les dégats. Mais rassurez-vous, la teneur en chlore résiduel dans l’eau distribuée est en général de 0,1 à 0,2 mg par litre, cela correspond à 1 à 2 gouttes de chlore pour 1 000 litres d’eau.

Un autre produit est de plus en plus utilisé ; il s’agit du dioxyde de chlore ClO2. Celui-ci à l’avantage d’avoir une efficacité bien supérieure au chlore gazeux et les hypochlorites. Il est 10 fois plus soluble dans l’eau et beaucoup plus rémanent. Il lutte efficacement contre les complexes humiques et même les phénols, oxyde le fer et le manganèse plus rapidement, lutte fortement contre les algues et cellules pathogènes… Et tout cela avec une large gamme de PH. L’inconvénient réside surtout dans les installations nécessaires à la production et la chloration.

Elimination du chlore

Afin d’appréhender la teneur en chlore de l’eau, il est important de se renseigné de la distance qui vous sépare de la station de chloration et le dosage réalisé. Ces informations vous permettront d’apprécier la teneur en chlore dans l’eau du robinet.

Il existe différentes manières de lutter contre la présence de chlore de l’eau. Longtemps, il était dit qu’il fallait laisser reposer l’eau avant de l’utiliser. Cette technique est complètement obsolète. Il existe dans le commerce différent produits permettant d’éliminer chimiquement les traces de chlore. Les plus simples d’emploi sont les produits de protection dermique du type Aquasafe de Tetra. D’autres produits plus performants neutralisent directement le chlore dans l’eau. Souvent, ces produits agissent également sur d’autres facteurs. L’utilisation de ces produits n’est naturellement pas compatible avec une aquariophilie biologique. Toujours par réaction physico-chimique, il est possible de filtrer l’eau neuve sur charbon actif.

L’idéal, et la plus simple des méthodes est de disposer un bidon ou réservoir de capacité suffisante, dans lequel l’eau sera brassée durant 12 à 24 heures. Ensuite, y a u qu’à…. Cette méthode permet également d’amener l’eau à température avec la mise en place d’un combiné chauffant.