Cichlidés du Lac Malawi

Hemitilapia oxyrhyncha

Hemitilapia oxyrhyncha Boulenger, 1902

Description

Hemitilapia Boulenger, 1902 est un genre monotypique et Hemitilapia oxyrhyncha (Boulenger, 1902) en est l’espèce type.

Synonyme : Hemitilapia oxyrhynchus (Boulenger, 1902).
Hemitilapia oxyrhyncha est souvent rencontrée sous l’appellation érronée de Hemitilapia oxyrhynchus. Le genre Hemitilapia étant féminin, c’est bien le premier qui est à utiliser.

Description originale : Boulenger, G. A.; 1902; « Diagnoses of new cichlid fishes discovered by Mr. J. E. S. Moore in Lake Nyassa »; Annals and Magazine of Natural History; (Ser. 7) 69-71.
L’espèce a été décrite à partir de 2 spécimens : un lectotype BMNH 1906.9.7.38. et un paralectotypes BMNH 1906.9.7.39. Le lieux de collecte n’est pas connu.

Etymologie : le nom de genre vient de « hemi » (Grec) qui signifie moitié et tilapia, nom de genre d’un grand nombre de Cichlidés Africain – Le nom d’espèce, oxyrhyncha,  vient du grec et signifie « nez effilé »

Hemitilapia oxyrhyncha, mâle
Hemitilapia oxyrhyncha, mâle

L’espèce

Localement, dans la langue chitonga, il est appelé Masimbwe.
Les mâles Hemitilapia oxyrhyncha adultes mesurent une vingtaine de centimètre de longueur, la femelle restant plus petite. Le museau est légèrement concave. Le patron mélanique présente 3 tâches en diagonale, la dernière se situant sur le pédoncule caudal. Ces tâches s’estompent chez les mâles, à disparaître complètement chez les mâles dominants. La robe des mâles est bleue, avec un léger liseré rouge sur la nageoire dorsale. Les femelles restent grises.

Distribution et habitat

Hemitilapia oxyrhyncha est commun dans tous le lac, où l’espèce occupe les baies sédimentaires peu profondes Il est toujours rencontré dans les herbiers de Vallisneria présents dans son habitat.

Alimentation, comportement et reproduction

Hemitilapia oxyrhyncha est un racleur d’algues épiphytiques. Il prélève les algues accrochées sur les plantes avec une technique particulière : Il se met sur le coté, à 90° et prend la base d’une feuille entre ces lèves, puis en quelques mouvements saccadés, remonte le long de la feuille, en raclant les algues qui y sont fixées.

Pour la reproduction, dans leur milieu naturel, les mâles nettoient un site de ponte d’une quinzaine de centimètres de diamètre dans les massifs de Valisneria ou les roseaux. Ils cherchent ensuite à y attirer les femelles prêtes à pondre.

Maintenance et expérience en aquarium

Hemitilapia oxyrhyncha peut être maintenue en trio dans un aquarium de 450 litres. L’aquarium comprendra une grande part de zone sableuse plantée de Valisneria. Il conviendra d’attendre que les plantes se soient bien enracinées avant d’introduire les poissons. Il est judicieux de placer un grillage plastique sous le substrat, afin de renforcer le maintient en place des plantes enracinées. Hemitilapia oxyrhyncha cohabitera sans problèmes avec d’autres haplochrominiens, voire même de quelques Mbunas calmes. Ces espèces seront choisies parmi des espèces non herbivores qui respecteront les plantes de l’aquarium.

J’ai fait l’acquisition d’un groupe de Hemitilapia oxyrhyncha auprès de Jérôme Nercide (Jeronimo) lors du congrès d’Arlon en mai 2008. Un couple à rejoint l’aquarium Malawi du club aquariophile de Vernon, alors que le reste du groupe prenait place dans un aquarium de 600 litres, en compagnie d’un groupe de Mylochromis plagiotaenia. Ultérieurement, 3 Dimidiochromis compressiceps ont pris place dans le bac.

Hemitilapia oxyrhyncha, jeune mâle
Hemitilapia oxyrhyncha, jeune mâle

Mon aquarium de 600 litres est planté de Cryptocoryne aponogetifolia. J’ai tenté de rajouter de la Valisneria, mais les pieds étaient systématiquement déterrés. Insuffisamment enracinées, je pense qu’elles devaient être arrachées du substrat par les Hemitilapia, qui cherchaient certainement à nettoyer les feuilles. Je n’ai jamais eu l’occasion d’observer ce comportement, ni dans mon aquarium et encore moins au club, puisque les plantes ne tiennent pas dans le bac. Jérôme Nercide, a eu l’occasion d’observer se comportement en aquarium et le filmer.

Du groupe que je maintiens dans mon bac, un mâle domine l’ensemble du groupe, mais sans reproduction. Je n’ai jamais constaté l’ombre d’une tentative, ni une femelle en incubation.

Par contre, dans le bac du club, le couple s’est reproduit par deux fois. La première fois, en décembre 2008, la femelle a été vue directement en incubation. La seconde fois, en mai 2010, j’ai pu assister à une partie du spectacle. Le mâle a construit et entretenu une petite dépression contre un rocher, qu’il défendait en éloignant tout les intrus, notamment un Cynotilapia sp. « hara », qui avait son territoire à proximité. Régulièrement, il cherchait à y attirer la femelle. Celle-ci, avait son oviducte proéminent, mais toutes les avances du mâle sont restées vaines en ma présence. Le manège a duré ainsi pendant deux jours. Le troisième, la femelle était en incubation.

Hemitilapia oxyrhyncha, femelle en incubation
Hemitilapia oxyrhyncha, femelle en incubation

Le mâle a continué d’entretenir le site de ponte et d’en chasser les intrus, pendant quelques jours, avant de le laisser à l’abandon. La femelle s’est isolée dans un amoncellement rocheux à l’opposé de l’aquarium.

Mâle entretenant son site de ponte dans un bac de 3000 litres du club de Vernon :

Les jeunes de cette reproduction n’ont pas été récupérés, car quelques spécimens issus de la précédente reproduction avaient été conservés en vue d’être diffusé. Malheureusement, bien que cette espèce soit magnifique et présente un comportement intéressant, elle n’attire pas grand monde. Espérons que la tendance change à l’avenir.

Bibliographie

  • Ad Konings – Les Cichlidés du Malawi dans leur milieu naturel – 4ème édition, p. 285
  • Ad Konings – Les Cichlidés du Malawi dans leur milieu naturel – 3ème édition, p. 227
  • Ad Konings – Les Cichlidés du Malawi dans leur milieu naturel – 2ème édition, p.  226
  • Ad Konings – Le guide Back to Nature des Cichlidés du Malawi – 2ème édition p. 89
  • J.M. Houbloup – Hemitilapia oxyrhynchus – RFC n° 29, p.20 – Association France Cichlid

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