Cichlidés du Lac Malawi

Fossorochromis rostratus

Fossorochromis rostratus (Boulenger, 1899) – Espèce type.

Description du genre Fossorochromis

Description originale du genre :  D. H. Eccles & E. Trewavas 1989:275 Masc. Tilapia rostrata Boulenger 1899.

L’étymologie du nom de genre vient du latin « fossor, fossoris », qui signifie excavateur, faisant allusion au comportement de fouisseur de l’espèce type, et « chromis », ancienne famille dans laquelle ont été classés certains cichlidés.

Fossorochromis est masculin et Fossorochromis rostratus, est l’espèce type du genre, considéré comme monotypique.

Dans l’ouvrage “The cichlid diversity of Lake Malawi/Nyasa/Niassa : identification, distribution and taxonomy”, Jos Snoeks et Mark Hanssens, indiquent avoir identifié une seconde espèce à partir d’un unique petit spécimen, nommé provisoirement Fossorochromis sp « oblique teeth ». Ce spécimen présente le patron mélanique caractéristique de Fossorochromis rostratus, mais des dents tronquées obliquement comme Hemitilapia oxyruncha.

Description de l’espèce

Description originale : Boulenger, G. A.; 1899; « A revision of the African and Syrian fishes of the family Cichlidae. Part II »; Proceedings of the Zoological Society of London; pp 98-143 (1-47).

L’espèce a été décrite comme Tilapia rostrata, à partir d’un unique spécimen de 10.5 cm de longueur totale (holotype unique : BMNH 1891.12.17.8), collecté par Miss M. Woodward. L’étymologie du nom d’espèce  vient du latin « rostratus, a, um », qui signifie « en forme de bec », en référence à son museau pointu.

Synonymes :

  • Tilapia rostrata Boulenger, 1899 original
  • Cyrtocara rostrata (Boulenger, 1899)
  • Haplochromis rostratus (Boulenger, 1899)
  • Haplochromis macrorhynchus Regan, 1922 (Synonyme junior)

L’espèce


Avec une taille pouvant atteindre 35 cm, Fossorochromis rostratus est l’un des plus grand Cichlidé du lac Malawi.

Cette espèce présente un patron mélanique caractéristique. Les mâles matures exhibent des couleurs éclatantes et contrastées, variant du bleu métallique au noir, avec des variations bleu foncée, verdâtre et violacées. Les femelles et les jeunes mâles sont gris avec une tendance à jaunir et présentent, sur les flancs, trois rangées de taches sombres.

Les mâles ne présentent pas d’ocelles sur leur nageoire anale, ce qui est plutôt rare pour un haplochrominien bâtisseur de site de ponte.

Localement, il est appelé Chimbenje, et Chigumbuli à Nkhata Bay, qui signifie « personne rusée », en référence à son aptitude à échapper aux filets des pêcheurs.

Distribution et habitat

Fossorochromis rostratus est distribué dans tout le lac. Il occupe l’habitat sablonneux de faible profondeur, jusque environ 12 mètres. Il est parfois rencontré dans l’habitat intermédiaire et occasionnellement dans l’habitat rocheux.

Vidéos in situ :

Comportement, alimentation et reproduction

Afin d’échapper aux filets de pêcheur, Fossorochromis rostratus s’enterre dans le sable. Cette technique est employée par les juvéniles pour échapper aux prédateurs. On peut observer la même chose en aquarium.

Dans son habitat, Fossorochromis rostratus se déplace en fouillant le substrat, qu’il tamise, pour en extraire de petits invertébrés (crustacés et larves d’insectes). Il est rencontré en groupe pouvant compter jusque 40 à 50 individus, sur de vastes territoires alimentaires, comprenant un seul mâle dominant en parure de frai. Des suiveurs bleus, dont Protomelas annectens et Cyrtocara moorii, les accompagnent et se nourrissent des produits comestibles présents dans les poussières mises en suspensions.

Georges Turner (1996) évoque, dans « Offshore Cichlids of Lake Malawi », avoir observer des spécimens pêchant de petits poissons en compagnie de Nimbochromis polystigma, dans le sud du lac.

En période de reproduction, les mâles, souvent regroupés en colonies, aménagent leur site de ponte en forme de cratère, à une profondeur de 1 à 2 m. Les œufs sont pondus puis repris en bouche par la femelle avant d’être fécondés. Les femelles en incubation se regroupent en banc. Les jeunes sont relâcher en fin d’incubation, dans des zones plus protégées de l’habitat intermédiaire. Les jeunes sont gardés pendant environ 3 semaines et repris en bouche en cas de danger.

Maintenance en aquarium

La maintenance de Fossorochromis rostratus nécessite un grand aquarium, avec une grande surface au sol. Pour un aquarium de 1000 litre, on privilégiera une surface de 2 x 0.80, par exemple.

J’ai maintenu cette espèce, en couple, dans un aquarium de 1800 litres, présentant une surface de 3×0.8 m. Le décor était essentiellement sablonneux, avec un petit amoncellement rocheux dans un angle permettant aux poissons dominés de s’y réfugier. Le coté opposé était planté d’une Cryptocoryne usteriana, qui permettait, en complément d’une grande ardoise, de masquer la filtration.

Pour le nourrissage, j’ai développé une technique de nourrissage me permettant d’enfouir légèrement les aliments dans le sable.

Comme évoqué plus haut, Fossorochromis rostratus a tendance à s’ensabler pour échapper à l’épuisette. J’ai remarqué cela a deux reprises, dont la première fois dans un aquarium, où je conservait des jeunes, lorsque j’ai voulu le vider.

Plus d’information

Bibliographie

  • Ad Konings – Les Cichlidés du Malawi dans leur milieu naturel – Cichlid Press – 2007, 4ème édition, p. 320
  • Ad Konings – Les Cichlidés du Malawi dans leur milieu naturel – Cichlid Press – 2001, 3ème édition, p. 247
  • Ad Konings – Les Cichlidés du Malawi dans leur milieu naturel – Cichlid Press – 1995, 2ème édition, p. 248
  • Ad Konings – Le guide Back to Nature des Cichlidés du Malawi – Cichlid Press – 2003, 2ème édition, p. 187 et 193
  • Jos Snoeks (Editeur) – The cichlid diversity of Lake Malawi/Nyasa/Niassa: identification, distribution ans taxonomy – Cichlid Press – 2004, p. 281
  • Georges F. Turner – Offshore Cichlids of Lake Malawi – 1996, p. 207
  • JP Oudin – Fossorochromis rostratus – RFC n° 205, janvier 2001
  • W. Staeck et H. Linke, « Cichlides africains, espèces d’Afrique orientale » – Tetra, édition 1999

Plus d’info sur le Web

Edition de l’article
– 31 décembre 2001 : Edition initiale (photos)
– 3 avril 2020 : Rédaction article et ajout de photos et vidéos

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *